L’Islande est l’une de ces destinations qui semblent faites pour la voiture. Cascades au bord de la route, plages de sable noir, glaciers qui descendent presque jusqu’à la mer : le paysage change à chaque virage, et l’on a envie de s’arrêter partout.
Encore faut-il bien préparer ce road trip, car l’île ne pardonne pas l’improvisation. Voici ce que nous retenons pour partir sereinement.
Choisir sa saison, avant tout
La saison idéale pour un road trip islandais reste l’été, de juin à août. Toutes les routes sont ouvertes, les journées n’en finissent plus (au solstice, le soleil se lève vers 3 heures et se couche aux alentours de minuit) et les températures oscillent en moyenne entre 8 et 14 °C.
Revers de la médaille : c’est aussi la période la plus fréquentée et la plus chère, et il faut réserver des mois à l’avance.
Le printemps et l’automne sont de beaux compromis : moins de monde, des prix plus doux et, dès la mi-septembre, les premières aurores boréales.
L’hiver, lui, se réserve aux voyageurs bien préparés. Les journées ne durent que quatre à cinq heures, les routes peuvent fermer à cause de la météo et de nombreux sites sont inaccessibles.
Ne pas vouloir tout faire

C’est l’erreur la plus fréquente : vouloir boucler le tour complet de l’île en une semaine. Sur le papier, c’est faisable.
En pratique, cela revient à passer ses journées au volant et à regarder les cascades à travers le pare-brise. Mieux vaut choisir une région et prendre son temps.
Le sud-ouest concentre à lui seul une grande partie des sites les plus célèbres : le Cercle d’or, les cascades de Seljalandsfoss et Skógafoss, les plages noires autour de Vík, le parc national de Skaftafell et la lagune glaciaire de Jökulsárlón.
Le bon véhicule et les règles de la route

Pour la route circulaire et les principaux sites du sud, une voiture classique suffit. Les choses changent si vous visez les Hautes Terres : les routes de montagne, signalées par la lettre F, ne sont ouvertes qu’une courte partie de l’été et exigent un véritable 4×4, avec une bonne garde au sol, capable de traverser des gués.
Côté règles, Safetravel, le site de référence pour la sécurité des voyageurs en Islande, rappelle les limitations de vitesse : 50 km/h en ville, 80 km/h sur les routes de gravier et 90 km/h sur les routes goudronnées, sauf indication contraire.
Deux conseils valent de l’or : ralentir franchement au passage du goudron au gravier, où les pneus perdent vite leur adhérence, et ne jamais sortir des routes et des pistes.
La conduite hors piste est strictement interdite : une trace de pneu dans la mousse ou le sable volcanique peut marquer le paysage durablement.
Enfin, ne vous arrêtez jamais sur le bas-côté d’une route étroite pour prendre une photo : les points d’arrêt aménagés sont faits pour ça.
Consulter la météo et l’état des routes, chaque matin
En Islande, le temps alterne très vite entre pluie, soleil et vent. Avant chaque étape, prenez l’habitude de consulter trois sources officielles : les prévisions de l’office météorologique islandais (vedur.is), l’état des routes publié par l’administration routière (road.is) et les alertes de Safetravel (safetravel.is). Quelques minutes suffisent, et elles peuvent vous éviter une route fermée ou une rafale de vent dangereuse pour les portières.
Pensez aussi à faire le plein dès que l’occasion se présente dans les régions isolées, et gardez toujours une marge dans votre programme de la journée.
En famille : raccourcir les étapes
L’Islande est une destination formidable avec des enfants, à condition d’adapter le rythme. Des étapes courtes, deux ou trois nuits au même endroit, des pauses fréquentes : les enfants profitent bien plus d’une cascade découverte à pied que d’une série de sites vus depuis la banquette arrière. Les bains géothermaux, présents dans tout le pays, font souvent partie de leurs meilleurs souvenirs.
Pour vous donner une idée de ce rythme, Comptoir des Voyages propose un autotour familial de 11 jours dans le sud-ouest, en voiture de location avec dix nuits en hôtels et maisons d’hôtes. Il enchaîne le Cercle d’or, Vík et ses plages noires, trois nuits près de Kirkjubæjarklaustur pour explorer Skaftafell et Jökulsárlón sans courir, puis la péninsule de Snæfellsnes avant un retour à Reykjavik. Un bon exemple d’itinéraire qui privilégie les séjours longs aux longues distances : voir cet itinéraire.
Notre check-list avant de partir
- Réserver voiture et hébergements tôt pour un départ en été.
- Choisir un 4×4 uniquement si les routes F sont au programme.
- Prévoir des vêtements en couches, imperméables compris, même en juillet.
- Enregistrer vedur.is, road.is et safetravel.is dans son téléphone.
- Garder une journée tampon en fin de séjour, au cas où la météo bouscule le programme.
Un road trip en Islande se prépare comme une randonnée en montagne : avec humilité et un peu de marge. C’est à ce prix que l’île offre ce qu’elle a de plus beau.